Au raisonnement de Leibniz suit le raisonnement de Voltaire ! Les hommes
de raisonnements raisonnent, et leurs arguments veulent Raison garder !
http://un2sg4.unige.ch/athena/voltaire/volt_lis.html
POEME
SUR LE DESASTRE DE LISBONNE
OU EXAMEN DE CET AXIOME:
"TOUT EST BIEN"
O malheureux mortels! ô terre déplorable!
O de tous les mortels assemblage effroyable!
D'inutiles douleurs éternel entretien!
Philosophes trompés qui criez: "Tout est bien"
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l'un sur l'autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l'horreur des tourments leurs lamentables jours!
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous: "C'est l'effet des éternelles lois
Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix"?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes:
"Dieu s'est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes"?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants?
Lisbonne, qui n'est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices?
Lisbonne est abîmée, et l'on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages:
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
Croyez-moi, quand la terre entrouvre ses abîmes
Ma plainte est innocente et mes cris légitimes
Partout environnés des cruautés du sort,
Des fureurs des méchants, des pièges de la mort
De tous les éléments éprouvant les atteintes,
Compagnons de nos maux, permettez-nous les plaintes.
C'est l'orgueil, dites-vous, l'orgueil séditieux,
Qui prétend qu'étant mal, nous pouvions être mieux.
Allez interroger les rivages du Tage;
Fouillez dans les débris de ce sanglant ravage;
Demandez aux mourants, dans ce séjour d'effroi
Si c'est l'orgueil qui crie "O ciel, secourez-moi!
O ciel, ayez pitié de l'humaine misère!"
"Tout est bien, dites-vous, et tout est nécessaire."
Quoi! l'univers entier, sans ce gouffre infernal
Sans engloutir Lisbonne, eût-il été plus mal?
Êtes-vous assurés que la cause éternelle
Qui fait tout, qui sait tout, qui créa tout pour elle,
Ne pouvait nous jeter dans ces tristes climats
Sans former des volcans allumés sous nos pas?
Borneriez-vous ainsi la suprême puissance?
Lui défendriez-vous d'exercer sa clémence?
L'éternel artisan n'a-t-il pas dans ses mains
Des moyens infinis tout prêts pour ses desseins?
Je désire humblement, sans offenser mon maître,
Que ce gouffre enflammé de soufre et de salpêtre
Eût allumé ses feux dans le fond des déserts.
Je respecte mon Dieu, mais j'aime l'univers.
Quand l'homme ose gémir d'un fléau si terrible
Il n'est point orgueilleux, hélas! Il est sensible.
Les tristes habitants de ces bords désolés
Dans l'horreur des tourments seraient-ils consolés
Si quelqu'un leur disait: "Tombez, mourez tranquilles;
Pour le bonheur du monde on détruit vos asiles.
D'autres mains vont bâtir vos palais embrasés
D'autres peuples naîtront dans vos murs écrasés;
Le Nord va s'enrichir de vos pertes fatales
Tous vos maux sont un bien dans les lois générales
Dieu vous voit du même oeil que les vils vermisseaux
Dont vous serez la proie au fond de vos tombeaux"?
A des infortunés quel horrible langage!
Cruels, à mes douleurs n'ajoutez point l'outrage.
Non, ne présentez plus à mon coeur agité
Ces immuables lois de la nécessité
Cette chaîne des corps, des esprits, et des mondes.
O rêves des savants! ô chimères profondes!
Dieu tient en main la chaîne, et n'est point enchaîné
Par son choix bienfaisant tout est déterminé:
Il est libre, il est juste, il n'est point implacable.
Pourquoi donc souffrons-nous sous un maître équitable?
Voilà le noeud fatal qu'il fallait délier.
Guérirez-vous nos maux en osant les nier?
Tous les peuples, tremblant sous une main divine
Du mal que vous niez ont cherché l'origine.
Si l'éternelle loi qui meut les éléments
Fait tomber les rochers sous les efforts des vents
Si les chênes touffus par la foudre s'embrasent,
Ils ne ressentent point des coups qui les écrasent:
Mais je vis, mais je sens, mais mon coeur opprimé
Demande des secours au Dieu qui l'a formé.
Enfants du Tout-Puissant, mais nés dans la misère,
Nous étendons les mains vers notre commun père.
Le vase, on le sait bien, ne dit point au potier:
"Pourquoi suis-je si vil, si faible et si grossier?"
Il n'a point la parole, il n'a point la pensée;
Cette urne en se formant qui tombe fracassée
De la main du potier ne reçut point un coeur
Qui désirât les biens et sentît son malheur
"Ce malheur, dites-vous, est le bien d'un autre être."
De mon corps tout sanglant mille insectes vont naître;
Quand la mort met le comble aux maux que j'ai soufferts
Le beau soulagement d'être mangé des vers!
Tristes calculateurs des misères humaines
Ne me consolez point, vous aigrissez mes peines
Et je ne vois en vous que l'effort impuissant
D'un fier infortuné qui feint d'être content.
Je ne suis du grand /tout/ qu'une faible partie:
Oui; mais les animaux condamnés à la vie,
Tous les êtres sentants, nés sous la même loi,
Vivent dans la douleur, et meurent comme moi.
Le vautour acharné sur sa timide proie
De ses membres sanglants se repaît avec joie;
Tout semble bien pour lui, mais bientôt à son tour
Un aigle au bec tranchant dévore le vautour;
L'homme d'un plomb mortel atteint cette aigle altière:
Et l'homme aux champs de Mars couché sur la poussière,
Sanglant, percé de coups, sur un tas de mourants,
Sert d'aliment affreux aux oiseaux dévorants.
Ainsi du monde entier tous les membres gémissent;
Nés tous pour les tourments, l'un par l'autre ils périssent:
Et vous composerez dans ce chaos fatal
Des malheurs de chaque être un bonheur général!
Quel bonheur! ô mortel et faible et misérable.
Vous criez: "Tout est bien" d'une voix lamentable,
L'univers vous dément, et votre propre coeur
Cent fois de votre esprit a réfuté l'erreur.
Éléments, animaux, humains, tout est en guerre.
Il le faut avouer, le mal est sur la terre:
Son principe secret ne nous est point connu.
De l'auteur de tout bien le mal est-il venu?
Est-ce le noir Typhon, le barbare Arimane,
Dont la loi tyrannique à souffrir nous condamne?
Mon esprit n'admet point ces monstres odieux
Dont le monde en tremblant fit autrefois des dieux.
Mais comment concevoir un Dieu, la bonté même,
Qui prodigua ses biens à ses enfants qu'il aime,
Et qui versa sur eux les maux à pleines mains?
Quel oeil peut pénétrer dans ses profonds desseins?
De l'Être tout parfait le mal ne pouvait naître;
Il ne vient point d'autrui, puisque Dieu seul est maître:
Il existe pourtant. O tristes vérités!
O mélange étonnant de contrariétés!
Un Dieu vint consoler notre race affligée;
Il visita la terre et ne l'a point changée!
Un sophiste arrogant nous dit qu'il ne l'a pu;
"Il le pouvait, dit l'autre, et ne l'a point voulu:
Il le voudra, sans doute"; et tandis qu'on raisonne,
Des foudres souterrains engloutissent Lisbonne,
Et de trente cités dispersent les débris,
Des bords sanglants du Tage à la mer de Cadix.
Ou l'homme est né coupable, et Dieu punit sa race,
Ou ce maître absolu de l'être et de l'espace,
Sans courroux, sans pitié, tranquille, indifférent,
De ses premiers décrets suit l'éternel torrent;
Ou la matière informe à son maître rebelle,
Porte en soi des défauts nécessaires comme elle;
Ou bien Dieu nous éprouve, et ce séjour mortel
N'est qu'un passage étroit vers un monde éternel.
Nous essuyons ici des douleurs passagères:
Le trépas est un bien qui finit nos misères.
Mais quand nous sortirons de ce passage affreux,
Qui de nous prétendra mériter d'être heureux?
Quelque parti qu'on prenne, on doit frémir, sans doute
Il n'est rien qu'on connaisse, et rien qu'on ne redoute.
La nature est muette, on l'interroge en vain;
On a besoin d'un Dieu qui parle au genre humain.
Il n'appartient qu'à lui d'expliquer son ouvrage,
De consoler le faible, et d'éclairer le sage.
L'homme, au doute, à l'erreur, abandonné sans lui,
Cherche en vain des roseaux qui lui servent d'appui.
Leibnitz ne m'apprend point par quels noeuds invisibles,
Dans le mieux ordonné des univers possibles,
Un désordre éternel, un chaos de malheurs,
Mêle à nos vains plaisirs de réelles douleurs,
Ni pourquoi l'innocent, ainsi que le coupable
Subit également ce mal inévitable.
Je ne conçois pas plus comment tout serait bien:
Je suis comme un docteur, hélas! je ne sais rien.
Platon dit qu'autrefois l'homme avait eu des ailes,
Un corps impénétrable aux atteintes mortelles;
La douleur, le trépas, n'approchaient point de lui.
De cet état brillant qu'il diffère aujourd'hui!
Il rampe, il souffre, il meurt; tout ce qui naît expire;
De la destruction la nature est l'empire.
Un faible composé de nerfs et d'ossements
Ne peut être insensible au choc des éléments;
Ce mélange de sang, de liqueurs, et de poudre,
Puisqu'il fut assemblé, fut fait pour se dissoudre;
Et le sentiment prompt de ces nerfs délicats
Fut soumis aux douleurs, ministres du trépas:
C'est là ce que m'apprend la voix de la nature.
J'abandonne Platon, je rejette Epicure.
Bayle en sait plus qu'eux tous; je vais le consulter:
La balance à la main, Bayle enseigne à douter,
Assez sage, assez grand pour être sans système,
Il les a tous détruits, et se combat lui-même:
Semblable à cet aveugle en butte aux Philistins
Qui tomba sous les murs abattus par ses mains.
Que peut donc de l'esprit la plus vaste étendue?
Rien; le livre du sort se ferme à notre vue.
L'homme, étranger à soi, de l'homme est ignoré.
Que suis-je, où suis-je, où vais-je, et d'où suis-je tiré?
Atomes tourmentés sur cet amas de boue
Que la mort engloutit et dont le sort se joue,
Mais atomes pensants, atomes dont les yeux,
Guidés par la pensée, ont mesuré les cieux;
Au sein de l'infini nous élançons notre être,
Sans pouvoir un moment nous voir et nous connaître.
Ce monde, ce théâtre et d'orgueil et d'erreur,
Est plein d'infortunés qui parlent de bonheur.
Tout se plaint, tout gémit en cherchant le bien-être:
Nul ne voudrait mourir, nul ne voudrait renaître.
Quelquefois, dans nos jours consacrés aux douleurs,
Par la main du plaisir nous essuyons nos pleurs;
Mais le plaisir s'envole, et passe comme une ombre;
Nos chagrins, nos regrets, nos pertes, sont sans nombre.
Le passé n'est pour nous qu'un triste souvenir;
Le présent est affreux, s'il n'est point d'avenir,
Si la nuit du tombeau détruit l'être qui pense.
/Un jour tout sera bien/, voilà notre espérance;
/Tout est bien aujourd'hui/, voilà l'illusion.
Les sages me trompaient, et Dieu seul a raison.
Humble dans mes soupirs, soumis dans ma souffrance,
Je ne m'élève point contre la Providence.
Sur un ton moins lugubre on me vit autrefois
Chanter des doux plaisirs les séduisantes lois:
D'autres temps, d'autres moeurs: instruit par la vieillesse,
Des humains égarés partageant la faiblesse
Dans une épaisse nuit cherchant à m'éclairer,
Je ne sais que souffrir, et non pas murmurer.
Un calife autrefois, à son heure dernière,
Au Dieu qu'il adorait dit pour toute prière:
"Je t'apporte, ô seul roi, seul être illimité,
Tout ce que tu n'as pas dans ton immensité,
Les défauts, les regrets, les maux et l'ignorance."
Mais il pouvait encore ajouter /l'espérance/.
*[Voltaire, Poème sur le désastre de Lisbonne *
*ou Examen de cet axiome : Tout est bien, *
*1756.]*
La notion de bien et de mal au 18e passe par divers auteurs plus ou
moins connus de nos jours mais qui furent, en ce siècle, incontournables!
Ainsi Saint-Martin, le théosophe d'Amboise, se disait le « Robinson de
la spiritualité », pourtant, je m'interroge souvent sur son désir d'être
le « Voltaire de la spiritualité ».
La question du mal fait souffrir les philosophies des Lumières, qui y
répondent... (nos réponses actuelles sont encore des réponses qui
donnent la mesure de nos prétentions à répondre).
Sur les raisonnements relatifs au bien et au mal, un tremblement de
terre vint qui donna matière à un poème par Voltaire, lequel mettait en
cause l'optimisme (du latin optimus, le meilleur) très à la mode pour
répondre à la question
*« Si Dieu existe, d'où vient le mal ? *
*S'il n'existe pas, d'où vient le bien ? »*
L'optimisme est une de ces réponses, ce sont Leibniz, Malebranche, Pope,
Shaftsbury, et d'autres qui tentent de valider leur raisonnement et de
l'affirmer Raison !
On demande d'abord d'où vient le mal.
Si Deus est, unde malum ? Si non est, unde bonum ?
Les anciennes réponses attribuaient la cause du mal à la matière,
supposée incréée et indépendante de Dieu. Pour celui qui affirme ou
adhère à la théorie que tout être vient de Dieu, où trouvera-t-il la
source du mal ? La réponse est qu'elle doit être cherchée dans la nature
idéale de la créature, autant que cette nature est renfermée dans les
vérités éternelles qui sont dans l'entendement de Dieu indépendamment de
sa volonté. (d'après théodicée, 20)
L à, on a déjà perdu un peu pied parce que la philosophie a cela de bien
que les philosophes ne se comprennent pas entre eux, sinon leurs
réponses seraient claires et nous n'aurions plus besoin de philosopher.
Pour un homme du siècle des « lumières », il faut considérer qu'il y a
une imperfection originale dans la créature avant le péché, parce que la
créature est limitée essentiellement, d'où vient qu'elle ne saurait tout
savoir, et qu'elle se peut tromper et faire d'autres fautes. (Théodicée,
Leibnitz)
…
Comme il m'arrive de dire, tu ne mets pas les chocolats sur la table
après avoir dit au gamin : « touche pas ! »
…
Commençons par celui qui pose le problème de fonds : Leibniz et
l'optimisme !
Descartes, Bacon, Leibnitz: Discours de la méthode
<http://www.archive.org/details/descartesbaconl00leibgoog> - Alfred
Lorquet, René Descartes, Francis Bacon, Gottfried Wilhelm Leibniz ,
Freiherr von Gottfried Wilhelm Leibniz
III
Mais il faut satisfaire encore aux difficultés plus spéculatives et plus
métaphysiques dont il a été fait mention, et qui regardent la cause du
mal. On demande d'abord d'où vient le mal? /Si Deus est, unde malum? si
non est, unde bonum?/ Les anciens attribuaient la Cause du mal à la
matière, qu'ils croyaient incréée et indépendante de Dieu ; mais, nous
qui dérivons tout être de Dieu , où trouverons-nous la source du mal ?
La réponse est y qu'elle doit être cherchée dans la nature idéale de la
créature, autant que cette nature est renfermée dans les vérités
éternelles qui sont dans l'entendement de Dieu , indépendamment de sa
volonté. Car il faut considérer qu'il y a une /imperfection originale
[301] dans la créature/ avant le péché , parce que la créature est
limitée essentiellement ; d'où vient qu'elle ne saurait tout savoir, et
qu'elle se peut tromper et faire d'autres fautes. Platon a dit dans le
Timée , que le monde avait son origine de l'entendement joint à la
nécessité. D'autres ont joint Dieu et la nature. On y peut donner un bon
sens. Dieu sera l'entendement; et la nécessité, c'est-à-dire la nature
essentielle des choses, sera l'objet de l'entendement, en tant qu'il
consiste dans les vérités éternelles. Mais cet objet est interne, et se
trouve dans l'entendement divin. Et c'est là-dedans que se trouvent
non-seulement la forme primitive du bien , mais encore l'origine du mal
: c'est la région des vérités éternelles qu'il faut mettre à la place de
la matière , quand il s'agit de chercher la source des choses. Cette
région est la cause idéale du mal (pour ainsi dire), aussi bien que du
bien ; mais, à proprement parler, le formel du mal n'en a point
d'/efficiente/ : car il consiste dans la privation , comme nous allons
voir, c'est-à-dire dans ce que la cause efficiente ne fait point. C'est
pourquoi les scolastiques ont coutume d'appeler la cause du mal,
/déficiente/.
On peut prendre le mal métaphysiquement , physiquement et moralement. Le
mal métaphysique consiste dans la simple imperfection ; le mal physique
, dans la souffrance, et le mal moral, dans le péché. Or, quoique le mal
physique et le mal moral ne soient point nécessaires , il suffit qu'en
vertu des vérités éternelles ils soient possibles. Et comme cette région
immense des vérités contient toutes les possibilités , il faut qu'il y
ait une infinité de mondes possibles, que le mal entre [309] dans
plusieurs d'entre eux , et que même le meilleur de tous en renferme;
c'est ce qui a déterminé Dieu à permettre le mal.
Mais quelqu'un me dira : « Pourquoi nous parlez-vous de permettre ? Dieu
ne fait-il pas le mal , et ne le veut-il pas ? » C'est ici qu'il sera
nécessaire d'expliquer ce que c'est que/ permission/, afin que l'on voie
que ce n'est pas sans raison qu'on emploie ce terme. Mais il faut
expliquer auparavant la nature de la volonté, qui a ses degrés : et,
dans le sens général, on peut dire que la volonté consiste dans
l'inclination à faire quelque chose à proportion du bien qu'elle
renferme. Cette volonté est appelée antécédente, lorsqu'elle est
détachée, et regarde chaque bien à part en tant que bien. Dans ce sens,
on peut dire que Dieu tend à tout bien en tant que bien , /ad
perfectionem simpliciter sîmplicem/, pour parler scolastique , et cela
par une volonté antécédente. Il a une inclination sérieuse à sanctifier
et à sauver tous les hommes , à exclure le péché , et à empêcher la
damnation. L'on peut même dire que cette volonté est efficace de soi
(per se), c'est-à-dire en sorte que l'effet s'ensuivrait, s'il n'avait
pas quelque raison plus forte qui l'empêchât ; car cette volonté ne va
pas au dernier effort (ad summum conatum) : autrement, elle ne
manquerait jamais de produire son plein effet, Dieu étant le maitre de
toutes choses. Le succès entier et infaillible n'appartient qu'à la
volonté conséquente, comme on l'appelle. C'est elle qui est pleine , et
à son égard cette règle a lieu : qu'on ne manque jamais de faire ce que
l'on veut, lorsqu'on le peut. Or celte volonté conséquente, finale et
décisive , résulte du conflit de toutes [301] les volontés antécédentes,
tant de celles qui tendent vers le bien que de celles qui repoussent le
mal : et c'est du concours de toutes ces volontés particulières que
vient la volonté totale : comme, dans la mécanique le mouvement composé
résulte de toutes les tendances qui concourent dans un même mobile , et
satisfait également à chacune , autant qu'il est possible de faire tout
à la fois. Et c'est comme si le mobile se partageait entre ces
tendances, suivant ce que j'ai montré autrefois dans un des journaux de
Paris (7 sept 1693 ) , en donnant la loi générale des compositions du
mouvement. Et c'est encore en ce sens qu'on peut dire que la volonté
antécédente est efficace en quelque façon, et même effective avec succès.
De cela il s'ensuit que Dieu veut antécédemment le bien, et
conséquemment *le meilleur*. Et pour ce qui est du mal , Dieu ne veut
point du tout le mal moral , et il ne veut point d'une manière absolue
le mal physique ou les souffrances : c'est pour cela qu'il n'y a point
de prédestination absolue à la damnation : et l'on peut dire du mal
physique , que Dieu le veut souvent comme une peine due à la coulpe , et
souvent aussi comme un moyen propre à une fin , c'est-à-dire pour
empêcher de plus grands maux ou pour obtenir de plus grands biens. La
peine sert aussi pour l'amendement et pour l'exemple , et le mal sert
souvent pour mieux goûter le bien, et quelquefois aussi il contribue à
une plus grande perfection de celui qui le souffre , comme le grain
qu'on sème est sujet à une espèce de corruption pour germer : c'est une
belle comparaison dont Jésus-Christ s'est servi lui-même.
...
[Leibniz,
Essais de théodicée sur la bonté de Dieu,
la liberté de l'homme et l'origine du mal,
1710.]
Les notions *de bien et de mal au 18e siècle *
Pour parler du bien et du mal au 18e siècle commençons par situer le
sens, philosophique, des mots tel que j'ai pu les apprécier au cours de
la seconde moitié du 20e siècle. C'est en effet sur des notions
actuelles que nous construisons un passé imaginé selon des critères qui
n'appartenaient peut-être pas au 18e !
Premier mot à rencontrer, le BESOIN, D. Bedürfnis E. Want (manque de),
Need (nécessité) ; I. Bisogno.
A. Sens général. État d'un être par rapport à ce qui lui est
nécessaire en vue de n'importe quelle fin, soit interne, soit
externe ; soit qu'il l'ignore, soit qu'il le sache. « Un paresseux
a besoin qu'on le pousse à travailler ; les sauvageons ont besoin
d'être greffés. »
2.
En ne considérant que la finalité interne, état d'un être par
rapport aux moyens indispensables à son existence, sa
conservation, ou son développement 1° soit qu'il les possède
actuellement : « Les poissons ont besoin d'eau » ; 2° soit qu'il
ne les possède pas : « Être dans le besoin. »
3.
Spécialement, en PSYCHOLOGIE et en ÉTHIQUE. Besoin ressenti,
c'est-à-dire état pénible résultant d'un besoin au sens B, 2°.
Cette conscience suppose en général, mais non pas nécessairement,
la connaissance de la fin poursuivie, et des moyens qui
permettront de l'atteindre.
D, E, F. Besoin, désigne aussi, dans ces trois sens, l'objet. du besoin,
c'est-à-dire la chose dont on a besoin. C'est ainsi que KANT désigne
certaines assomptions comme des « besoins de la Raison pure ».
CRITIQUE
On appelle surtout besoins (par opposition aux désirs) ceux des besoins
A que l'on considère comme nécessaires ou légitimes. Cependant, cet
usage n'est pas constant, car d'autres moralistes parlent du besoin de
luxe, du besoin d'excitations factices, etc., pour les réprouver. Il y a
toujours cependant, dans le mot besoin, l'idée d'une force à laquelle il
n'est pas répréhensible de céder (au moins dans son état actuel), soit à
cause de son caractère naturel, soit à cause de son intensité, soit à
cause des conséquences graves qui résulteraient de l'avoir négligée. La
réprobation, quand elle existe, porte sur le fait d'avoir laissé le
besoin se développer, et non sur le fait de le satisfaire actuellement,
qui reste excusable. Le mot ne devra donc être jamais employé sans tenir
compte de cette valeur justificative. — Voir ophélimité, utile . (Critique.)
Rad. int. Bezon.
Sur Besoin. — Besoin, étymologiquement, désigne une affaire quelconque
(Lat. opus est). LA FONTAINE emploie affaire pour besoin, et besogne
(doublet de besoin) pour affaire. (Le Lion et le Rat, 11 — Le Renard et
la Cigogne, 3.) — Le besoin est donc d'abord l'état d'une chose
quelconque à laquelle manque ou pourrait manquer une détermination
nécessaire à l'usage que nous voulons en faire ; par suite, et ce sens
est devenu le sens propre, l'état d'un être à l'égard de ce qui lui
manque pour accomplir ses propres fins. (J. Lachelier.)
Le sens du mot besoin permet, trop souvent, de qualifier le bien et le mal.
Qu'est-ce donc que le bien pour le « philosophe »
*BIEN*
1. BIEN, adv., pouvant être employé adjectivement comme attribut. — D.
Gut ; wohl ; E. Good, well ; I. Bene. Voir Mal .
Se dit de tout ce qui est objet de satisfaction ou d'approbation dans
n'importe quel ordre de finalité : parfait en son genre, favorable,
réussi, utile à quelque fin ; c'est le terme laudatif universel des
jugements d'appréciation. Il s'applique au passé et à l'avenir, au
conscient et à l'inconscient, au volontaire et à l'involontaire.
2. BIEN, subst., D. Gut, das Gute ; au sens de bien-être, Wohl ; — E.
Good ; I. Bene.
A. Relativement : ce qui est utile à une fin donnée, à un être. «
Le bien de l'État. » - « Tromper un malade pour son bien. » En
particulier (surtout au pluriel) : richesse, chose possédée.
B. Bien-être.
C. Concept normatif fondamental de l'ordre éthique : ce qui
possède une valeur morale, soit catégorique (le Bien), soit
dérivée (un bien). — A l'égard des actes accomplis, c'est donc ce
qu'on approuve ; à l'égard des actes futurs, ce qu'on doit faire.
Ce mot diffère cependant beaucoup de celui de Devoir : 1° en ce
qu'il n'implique aucune idée d'obligation ou d'obéissance à une
autorité, mais seulement de norme ou de perfection ; 2° en ce
qu'il concerne l'acte lui-même qui doit être accompli, et non
l'intention.
Rad. int. : aux sens A, B, bon ; au sens C, benign. Cf. Bon.
*Critique*
Sur Bien, C. La première rédaction de cet article disait que le bien, au
sens moral, est ce qui, dans l'ordre de l'action, est préférable à son
contraire. « L'agréable et l'utile, a fait observer J. Lachelier, sont
aussi préférables à leurs contraires, et cependant ne sont pas des biens
moraux. L'idée du Bien moral n'est guère séparable de celle
d'obligation. » Nous avons évité, dans la nouvelle rédaction de cet
article, ce qui donnait lieu à cette critique. On peut cependant
remarquer, que si ce qui est agréable ou utile peut être fait sans
négliger ou sacrifier rien de meilleur, il est bien, même moralement,
d'agir ainsi.
Ce cas ne supprime pas la référence à l'idée d'obligation. si par
ailleurs on la considère comme un des caractères essentiels de la
moralité : elle intervient alors pour déterminer si ce qu'il s'agit de
faire peut l'être sans porter atteinte à quelque règle obligatoire. Dans
ce cas elle intervient d'une manière négative, et par conséquent
indirecte. Mais d'autre part, nous ne pouvons pas faire entrer ici cette
idée dans la définition même du Bien moral, puisque celui-ci est conçu
par certains philosophes comme une valeur, mais non comme un
commandement. (A. L.)
Voir Bon, Observations, et Obligation.
Le mot Bien évoque une idée statique d'ordre (ordo) plutôt que de
commandement. — D'autre part, il ne me semble pas exclure absolument
l'intention, mais plutôt impliquer la synthèse du point de vue formel et
du point de vue matériel dans la moralité. (M. Blondel.)
* Bien (souverain)*, G. *** ; L. Summum bonum ; D. Das höchste Gut ; E.
« Summum bonum » ; I. Sommobene.
A. Dans la philosophie grecque, le Bien par excellence, qui seul est bon
par lui-même et par rapport auquel tous les autres ne sont que des
moyens. Secondairement, et en particulier chez ARISTOTE, le but de toute
activité dans le monde. (Éth. à Nicom., I, 2, 1094a.)
B. Dans la philosophie moderne, et en particulier chez KANT, un bien tel
qu'il satisfasse l'homme tout entier, tant à l'égard de la raison que de
la sensibilité et de l'activité. « Der Gegenstand des
Begehrungsvermögens vernünftiger endlicher Wesend. » (Kritik der prakt.
Vernünft. Dialektik, ch. IL Kirchmann, 133.) « Le souverain Bien est
l'objet qui satisferait toute la faculté de désirer d'êtres raisonnables
finis. »
CRITIQUE
KANT critique cette expression, et fait remarquer qu'elle est ambiguë,
souverain (höchste) pouvant signifier soit le plus élevé en dignité
(oberste), soit absolument complet (vollendete), c'est-à-dire qui ne
soit pas une partie d'un tout plus large et qui n'ait rien de partiel ;
c'est là, selon lui, le sens vrai de cette expression ; car dans le
premier cas, elle ne serait applicable qu'au Bien moral. (Ibid.,
Kirchm., 132.) Mais : 1° l'usage et cette critique même ont précisé le
sens de l'expression ; 2° la distinction qu'il établit perd beaucoup de
son importance si l'on n'admet pas avec lui qu'il y ait un impératif
catégorique et un bien moral absolus, indépendants de toute
considération de sensibilité ou d'inclination.
Le concept est donc bon et la formule utile à conserver.
Rad. int. : Supreg(a) bon(o).
*Critique générale *
Sur Bien et Souverain Bien. — Critique générale : Il me semble qu'il y a
dans tous les emplois du mot Bon et de ses dérivés une dualité
fondamentale de sens : le bien est perfection (en soi) ou bonheur (pour
celui qui le possède). — Historiquement, c'est certainement ce dernier
sens qui est le premier : le bien est ce dont nous avons besoin, ce qui
nous satisfait. Le bien par excellence, c'est la terre ; c'est ensuite
une possession quelconque : avoir du bien (MOLIÈRE), marchand de biens,
biens-fonds ; un train de marchandises s'appelle en allemand et en
anglais un train de biens, Güterzug, goodstrain. — Le bien, au sens de
perfection est probablement ce qui nous cause une satisfaction
objective, ce qui nous satisfait comme êtres raisonnables l'homme bon,
c'est primitivement, et c'est toujours populairement, celui qui nous
fait du bien ; c'est ensuite celui dont la conduite nous satisfait
objectivement, celui qui fait le bien. (J. Lachelier.)
les sociétés dites de bienfaisance se sont multipliées au cours du 18e
siècle notamment sous l'influence ou au prétexte de ou pour le
franc-maçonneries, quel est une fois de plus le sens que le philosophe
donne à ce mot :
BIENFAISANCE, D. Wohltätigkeit; E. Beneficence ; I. Beneficenza.
Action de faire du bien aux autres ; ce mot est souvent employé, d'après
l'usage de M. H. SPENCER, dans ses Principles of Ethics, pour désigner
les devoirs ou les actions morales qui vont au delà de la justice, et
qu'on appelle plus ordinairement charité. (Voir ce mot.)
Pour comprendre la notion de Bien, il me semble nécessaire de recourir à
son opposé ou à son « complément » et de définir la notion de mal!
MAL
1. MAL, adverbe. D. Uebel,, Schlecht (au sens générai) ; Böse (au sens
moral) ; — E. Badly ; — I. Male.
Terme universel de l'appréciation défavorable ; sert à caractériser tout
ce qui est un échec ou encourt une désapprobation dans n'importe quel
ordre de finalité. « Une machine mal construite, mal graissée ; un livre
mal écrit ; un plan mal conçu. »
L'adjectif correspondant est mauvais; l'ancien adjectif français mal,
male n'a survécu que dans quelques expressions toutes faites, ou dans
des noms propres.
2. MAL, subst. D. A. Uebel ; B. Uebel, Böse ; — E. A. B. Evil ; Wrong
(mal consistant à être injuste, ou à avoir tort) ; — I. Male.
A. Sens général : tout ce qui est objet de désapprobation ou de
blâme, tout ce qui est tel que la volonté a le droit de s'y
opposer légitimement et de le modifier si possible. « On peut
prendre le mal métaphysiquement, physiquement et moralement. Le
mal métaphysique consiste dans la simple imperfection, le mal
physique dans la souffrance, et le mal moral dans le péché. »
(Leibniz, Théodicée, 1re partie, § 21.)
B. Spécialement : Mal moral. Ce sens est toujours celui du mot
dans l'expression : « Faire le mal. » Rad. int. : Mal.
Du combat, supposé, entre le bien et le mal, il nous reste le
manichéisme, l'une des tentatives de conquête de la religion de
Zoroastre par une forme de christianisme.
Pour le philosophe, le MANICHÉISME, D. Manichäismus ; E. Manichaeism ;
I. Manicheismo, vient du nom de MANES ou MANICHAEUS, hérésiarque persan
du IIIe siècle, qui a essayé de combiner avec le christianisme le
dualisme traditionnel de l'ancienne religion de Zoroastre. Se dit de
toute conception philosophique qui admet deux principes cosmiques
coéternels, l'un du bien, l'autre du mal.
Rad. Int. : Manicheism
« la femme est en moyenne un peu moins intelligente que l'homme. Il est
donc permis de supposer que la petitesse relative du cerveau de la femme
dépend à la fois de son infériorité physique et de son infériorité
intellectuelle »
L'affirmation ne repose pas sur des faits scientifiques puisque Broca
sait pertinemment pour avoir autopsié de nombreux cerveaux que la taille
du cerveau et son utilisation, ni l'intelligence, ne sont corrélés !
Mais qu'un grand Scientiste écrive et ses convictions idéologiques
deviennent « la science » !
Rassurez-vous, le XXe a apporté son lot de Scientistes bardés de
diplômes qui ont étudié le rapport entre le cerveau et la « valeur
supposée ou affirmée par une idéologie » d'un individu.
Un institut fut créé pour autopsier le cerveau de Lénine et prouver...
des données scientistes.
De l'autre côté du rideau de fer, on a tenté de montrer que le volume du
crâne déterminait le quotient intellectuel (Q I), donc les hommes
avaient une plus grande capacité que les femmes mais que le volume du
crâne blanc était supérieur au volume du crâne noir, que le volume du
crâne de l'officier était plus important que le volume du crâne du «
private » soldat !
Quel le système nerveux soit sexué, je ne me permettrais pas de refuser
l'hypothèse, d'ailleurs il faut bien qu'il s'adapte aux fonctions
masculines et féminines dont certaines différent! (mes seins n'ont
jamais produit de lait !)
il y a une trentaine d'années, à partir de différences anatomiques
réelles ou supposées dans le corps calleux d'aucuns ont voulu expliquer
que la femme était apte à utiliser ses deux hémisphères plus facilement
qu'un homme, donc de faire deux choses à la fois...
autre tarte à la crème du scientisme, le cerveau droit et le cerveau
gauche avec leurs spécialisations respectives (celle-là, pendant
quelques temps, je m'y suis laissé prendre! Jusqu'au jour où je me suis
demandé comment une partie de mon corps pouvait fonctionner sans que
l'ensemble ne soit concerné!)
Actuellement, les données sont fournies par l'imagerie cérébrale,
laquelle semble montrer que pour les individus étudiés, la façon
d'utiliser le cerveau met en service des zones de même localisation quel
que soit le sexe !
L'homosexualité serait due, elle aussi, a une différence dans le
cerveau, l'hypothalamus des uns ou des autres comporterait une
différence de « moins d'un millimètre ». C'est du style très scientiste !
Une comparaison : si j'affirmais qu'à partir de mon ordinateur (il a
plus de 5 ans) je peux contrôler tous les ordinateurs de la planète, si
j'affirmais qu'un gonflage de pneus avec une différence d'un gramme,
pour l'ensemble, permet de mieux conduire un camion de 50 tonnes selon
les pays, supposeriez vous que je suis stupide ?
Nous nous trouvons dans du scientisme qui permet de justifier
anatomiquement un comportement sexuel, ce scientisme sera donc relayé
par ceux qui sont intéressés à justifier un comportement sexuel, mais
pourquoi pas aussi justifier à partir d'autres différences très mineures
des comportements criminels.
Rappelons encore que le comportement sexuel varie selon les lieux, selon
les époques.
De la même façon des scientistes ont prétendu avoir découvert le gène de
l'homosexualité (1993) et les médias continuent de répéter les mêmes
stupidités parce que cela fait vendre, parce que cela donne une « image
» acceptable d'un comportement sexuel (parmi d'autres).
Mes professeurs de mathématiques m'ont pourri la vie en me demandant de
retenir les chiffres par groupe de deux, comme c'est le cas pour une
grande partie de la population, or ma stratégie du cerveau mémorise plus
facilement à partir de trois... et chacun de nous met en place des
stratégies qui lui permettent de résoudre les problèmes de l'existence.
Le quotient intellectuel si précieux mesure ainsi des stratégies
cognitives; ce n'est pas pour autant qu'il permet de mesurer la capacité
d'un humain à accéder à la liberté, à la créativité, ou à d'autres
capacités !
Les variations entre individus sont bien plus importantes que les
variations entre les sexes !
Un cerveau comporte environ 100 milliards de neurones, les synapses qui
les relient sont d'environ un million de milliards.
Notre cerveau semble avoir été construit à partir de 6 000 gènes.
Puis-je oser l'image suivante : 6 000 architectes ont construit une
planète pour 100 milliards d'individus; chacun dispose d'un nombre de
voies de communication personnelles ou collectives d'un million de
milliards!
Une fois la planète en fonction, l'un des architectes peut-il déterminer
les fonctions les plus importantes, parmi lesquelles la fonction
sexuelle semble orienter beaucoup de parcours !
une stratégie d'apprentissage peut être mise en place à tout âge, elle
doit s'appuyer sur les capacités que l'individu sait mettre en fonction
pour arriver à un résultat !
Le 19e siècle mesurait les crânes pour justifier la valeur de la race
blanche, la valeur de l'homme blanc.
Le 20e siècle a connu ses propres dérives, et le 21e siècle continue, le
but du jeu est le même que primitivement : justifier « mens sana »,
faire accepter l'inacceptable, permettre à une catégorie d'individus de
se supposer supérieurs à une autre!
Le scientisme prouvera dans peu de temps que la barbe est un élément qui
permet de dominer la femme, que toute femme à barbe doit être éliminée,
comme il a prouvé que les attributs sexuels extérieurs, sous la
ceinture, permettaient de dominer les femmes. Pour les attributs
au-dessus de la ceinture, silence médiatique!
Conclusion ?
Que nos idéologies, que nos croyances ne soient pas des crimes !
Cyvard Mariette Noeux les mines
http://alpernalain.blogspot.com/2010/04/une-nouvelle-enquete-du-commissaire_05.html
Une nouvelle enquête du Commissaire Cimares. Belle Vérité: à sa
recherche (3/3).
<http://alpernalain.blogspot.com/2010/04/une-nouvelle-enquete-du-commissaire_05.html>
Citation:
« Le lendemain, à l'heure fixée, nous sommes tous les 2 devant la porte
de ce bel hôtel particulier. A notre coup de sonnette, une porte s'ouvre
: une avenante personne nous ouvre, et, à l'annonce du but de notre
venue, nous indique de la suivre. Nous ne sommes pas insensibles à la
démarche chaloupée de notre guide et je suis bien décidé à demander mon
admission chez celles que l'on appelle les « Sœurs », car je suis
persuadé qu'elles ne doivent pas rester entre elles uniquement. Mon
fantasme est vite évacué quand notre hôtesse, après avoir frappé trois
fois à une porte, annonce, très théâtralement : « Sérinissime Grande
Maîtresse, vos 2 visiteurs sont là ». Mazette ! Quel cérémonial…Une
petite bonne femme nous accueille chaleureusement et nous demande si
nous connaissons la Franc-Maçonnerie. je fais une moue négative, mais
Cimares répond « un peu », l'air entendu… »
commentaire:
« une avenante personne, à la démarche chaloupée, mon fantasme évacué »
trois points inconvenants, méprisants, insultants ridiculisent l'auteur !
Que nos soeurs soient avenantes, c'est une question de goût masculin,
une soeur avenante sera pour moi celle qui m'accueille comme son frère,
rien de plus, rien de moins.
Si le « seul » physique déterminait la qualité de nos « soeurs » ou la
qualité de leurs travaux, quel intérêt y aurait-il à se rendre en loge
où très souvent nos soeurs des loges féminines couvrent leur corps de la
robe noire !
Je visite peu les loges féminines mais je suis surpris par la qualité
des travaux, par ailleurs, s'il faut « vivre » deux heures de travaux
pour quelques minutes de « drague », vous me permettrez d'y préférer les
travaux, à des échanges « mondains » ! Si ayant dragué, et touché le
fond, le « supposé frère » trouve sa propre boue, c'est peut-être
intéressant, mais pour qui !
la démarche chaloupée
il est à noter qu'une femme ne marche pas obligatoirement comme un homme !
Si cette démarche allume le suiveur, pourquoi pas d'ailleurs, il faut
bien avouer que suivre permet alors de donner des idées, chacun les
trouve selon ses aptitudes, lesquelles idées, après « allumage »,
donnent quelques instants, courts si l'allumage est important, de
satisfaction. Cela vaut-il la peine de s'introduire dans les loges
féminines alors que la rue offre un océan pour une chasse à la chaloupe !
Troisième point, fantasme évacué
Ainsi donc, la soeur ferait fantasmer... triste individu que le
rédacteur de ce texte qui se place au seul rang de l'animalité et de la
satisfaction d'un besoin physiologique dont l'unique intérêt est une
vidange !
*Le discours maçonnique formaté*:
Citation
« C'est une démarche initiatique parce que la méthode maçonnique qui
nous a été transmise par nos aînées et que nous avons la responsabilité
de transmettre à notre tour, permet, en s'appuyant sur l'étude des
symboles, d'acquérir une meilleure connaissance de soi, d'élaborer une
pensée libre et une réflexion hors de tous dogmes afin de mieux se
construire. Le chemin de l'initiation maçonnique est celui qui permet de
dépasser les idées reçues, d'ouvrir son intelligence et d'être à
l'écoute de l'autre ... ».
Commentaire :
j'en extrais le « (ben voyons!) », à la fois choquant et si pertinent !
Le formatage du discours maçonnique révèle la pauvreté actuelle de la
démarche, l'inaptitude à présenter autre chose qu'un moule où il
faudrait « couler son bronze ».
Qui offre l'initiation permet pourtant à chaque personnage de révéler la
personne qui est en lui et faire « sonner par elle » une parole qui est
devenue sa parole.
*Retour du mépris de la femme*
Citation
« A cet instant, les 3 coups retentirent et la porte s'ouvrit, laissant
passer une femme dont la classe, la prestance et le sourire rassurant
nous permirent de suite de comprendre que nous étions en présence de la
chef de Belle. Jane, tel était son prénom, nous fut présentée. Je
tombais sous le charme de notre belle interlocutrice et mon fantasme
précédent repris le dessus…La voix douce de Jane nous envahit alors ... »
Commentaire :
Reprise de l'individu dominé par trois neurones et quelques dendrites,
deux sous la ceinture un neurone dans le ventre, et quelques dendrites
égarées dans le crâne.
*La quête de la personne réduite au spectacle de l'inaptitude à la
compréhension *
Citation :
« Et c'est au Pont Marie que nous descendîmes le long des quais de la
Seine, comme nous l'avait indiqué la Présidente. Nous n'eûmes pas
longtemps à attendre avant d'apercevoir un groupe d'hommes de tous âges,
dépenaillés, discutant avec une dame âgée que nous n'eûmes aucun mal à
reconnaitre : Belle Vérité, forte de ses 88 ans était vraiment belle :
tous ces hommes autour d'elle lui parlaient avec respect et l'écoutait
attentivement dès qu'elle prenait la parole. Sa sagesse irradiait ses
compagnons. Sa force semblait incommensurable… »
commentaire :
Nouveau fantasme du sot qui ose prétendre à porter jugement sur ce qu'il
est inapte à saisir!
Le pont Marie réel ou symbolique reste intéressant, lui!
Ainsi donc, il faudrait être âgé de 88 et non de trois fois 27 ans pour
atteindre à une vérité que l'on puisse partager !
il faudrait intéresser quelques mâles que l'on trouve en état
d'inhumanité pour qu'une Belle puisse accéder à l'écoute des bêtes ! Ce
ne serait plus François qui parle aux oiseaux, mais la femme qui parle à
ceux qui ont perdu leur statut d'humain !
Il faudrait mener vie dévouée aux autres, et recherche spirituelle ! Et
que l'on peut supposée à l'oublie de soi !
Rappelons des points difficilement contournables de l'équilibre : soi,
vie familiale, vie professionnelle et sociale, vie personnelle dans
divers domaines dont ceux du partage (vie associative)
Trouver la personne qui vit en soi n'est pas une affaire de spectacle à
offrir à quelques amateurs de sensations !
Cyvard Mariette Noeux les mines
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